Le vendredi 13 février, la médiathèque de Lauris accueillait une soirée singulière, à la croisée du cinéma documentaire, de la recherche et du dialogue avec les habitants. À 19h, dans la salle Bloch nichée au cœur du château, le public s’est réuni pour découvrir les premières images du film Campagnes, porté par les réalisatrices Claire Rochoux et Frédérique Cavalier.
Plus qu’une simple projection, cette rencontre s’inscrivait dans une démarche plus large : interroger les représentations contemporaines de la ruralité, confronter les imaginaires et donner la parole à celles et ceux qui habitent ces territoires. Une proposition en résonance forte avec les engagements de Tout Va Bien Production, qui accompagne et soutient des œuvres attentives aux transformations sociales et culturelles.
Le projet Campagnes se distingue par son point de départ : celui de deux réalisatrices issues du monde rural, mais ayant traversé des parcours urbains avant de revenir questionner leurs origines. Cette double appartenance irrigue le film, qui se propose d’explorer les multiples facettes de la campagne contemporaine.
Comme le souligne la présentation de la médiathèque, le documentaire interroge « les différentes représentations de la campagne, envisagée à la fois comme objet de pop culture et comme réalité socio-économique » . Cette tension est au cœur du projet : entre fantasmes et réalités, entre regard extérieur et vécu intérieur, entre nostalgie et mutation.
Le film ne cherche pas à figer la ruralité dans une image unique. Au contraire, il en propose une lecture plurielle, sensible et située. Il s’agit moins de définir ce qu’est la campagne que de comprendre comment elle est perçue, racontée et vécue aujourd’hui.
Ce qui rend cette rencontre particulièrement riche, c’est le dispositif mis en place en amont de la projection. Pendant plusieurs jours, le service culture de Lauris est allé à la rencontre des habitants afin de recueillir leurs témoignages, leurs récits et leurs perceptions du territoire.
Ces voix, captées dans leur diversité, ont été intégrées à la soirée et diffusées lors de la rencontre. Elles constituent une matière vivante, une archive sensible du présent, qui vient dialoguer avec le travail des réalisatrices.
Ce choix de méthode n’est pas anodin. Il traduit une volonté de ne pas parler sur la campagne, mais avec celles et ceux qui la vivent. Il s’inscrit dans une approche participative et située, où le cinéma devient un outil de médiation et de mise en relation.
Ainsi, la projection-débat ne se limite pas à la diffusion d’images : elle devient un espace de circulation des paroles, un moment de confrontation douce entre points de vue, expériences et imaginaires.
La richesse du projet tient également à la complémentarité des parcours de ses autrices.
Claire Rochoux, sociologue spécialisée dans les politiques urbaines, travaille depuis plusieurs années sur les manières dont les habitants perçoivent et habitent leur territoire . Son approche apporte une profondeur analytique, une attention aux dynamiques sociales et aux représentations collectives.
Frédérique Cavalier, quant à elle, est réalisatrice de documentaires centrés sur l’émancipation sociale et l’expérience du sensible . Son travail s’inscrit dans une tradition du cinéma documentaire engagé, où l’écoute, la présence et la relation aux personnes filmées occupent une place centrale.
Ensemble, elles partagent une conviction : raconter des histoires est une manière de « donner du sens, de connecter les individus et de susciter des changements positifs dans la société » .
Cette articulation entre regard sociologique et geste cinématographique produit une écriture singulière, à la fois rigoureuse et sensible. Campagnes se construit ainsi comme un espace de dialogue entre disciplines, mais aussi entre expériences vécues.
L’un des enjeux majeurs du film est de déconstruire les représentations simplifiées de la ruralité. Longtemps réduite à un décor, à une nostalgie ou à un contrepoint de la ville, la campagne apparaît aujourd’hui comme un espace traversé par des dynamiques complexes.
Elle est à la fois lieu de vie, territoire de travail, espace de projection culturelle et enjeu politique. Elle cristallise des tensions contemporaines : entre attractivité et déprise, entre enracinement et mobilité, entre tradition et innovation.
Le film met en lumière cette pluralité en donnant à voir des expériences situées, des trajectoires individuelles, des paroles singulières. Il ne s’agit pas de produire un discours surplombant, mais de faire émerger une mosaïque de récits.
En cela, Campagnes participe à un mouvement plus large de réinvestissement artistique et intellectuel des territoires ruraux. Il contribue à déplacer le regard, à complexifier les imaginaires et à reconnaître la richesse des expériences qui s’y déploient.
L’un des enjeux majeurs du film est de déconstruire les représentations simplifiées de la ruralité. Longtemps réduite à un décor, à une nostalgie ou à un contrepoint de la ville, la campagne apparaît aujourd’hui comme un espace traversé par des dynamiques complexes.
Elle est à la fois lieu de vie, territoire de travail, espace de projection culturelle et enjeu politique. Elle cristallise des tensions contemporaines : entre attractivité et déprise, entre enracinement et mobilité, entre tradition et innovation.
Le film met en lumière cette pluralité en donnant à voir des expériences situées, des trajectoires individuelles, des paroles singulières. Il ne s’agit pas de produire un discours surplombant, mais de faire émerger une mosaïque de récits.
En cela, Campagnes participe à un mouvement plus large de réinvestissement artistique et intellectuel des territoires ruraux. Il contribue à déplacer le regard, à complexifier les imaginaires et à reconnaître la richesse des expériences qui s’y déploient.
Au-delà de l’événement lui-même, cette initiative met en lumière le rôle que peut jouer le cinéma dans les dynamiques territoriales. Loin d’être uniquement un objet de divertissement, il devient ici un outil de médiation, de réflexion et de lien social.
En donnant à voir des récits situés, en ouvrant des espaces de parole, en favorisant les échanges, le cinéma documentaire contribue à renforcer les liens entre les individus et à nourrir une compréhension partagée des enjeux contemporains.
Il permet également de valoriser des territoires souvent invisibilisés, de reconnaître la légitimité des expériences qui s’y vivent et de donner une visibilité à des voix peu entendues.
Cette dimension est au cœur des engagements de Tout Va Bien Production, qui œuvre depuis plus de vingt ans à la production, à la diffusion et à la valorisation de projets artistiques ancrés dans des réalités sociales.
La présentation des premières images de Campagnes à Lauris constitue une étape importante dans le développement du film. Elle permet de tester des hypothèses, d’affiner un regard, de nourrir une réflexion.
Elle témoigne également de l’intérêt que suscite le projet, tant du côté des institutions culturelles que des publics. La qualité des échanges, la diversité des témoignages et l’attention portée aux images montrent que ces questions résonnent fortement aujourd’hui.
À l’heure où les territoires ruraux sont au cœur de nombreux débats — politiques, sociaux, écologiques —, des projets comme Campagnes apparaissent essentiels pour en renouveler les représentations et en complexifier les lectures.